Le droit social allemand

08.12.16
Droit social et Sécurité Sociale en Allemagne

Le droit social allemand et le système social

Le droit social allemand est le premier qui a été créé au monde et le système social et donc le droit allemand est à la fois très développé et très complexe. Le système allemand de Sécurité Sociale se distingue assez fortement du système français, même si ces deux pays offrent une protection des salariés et des non-salariés.

L’Allemagne est également connue pour prélever un taux de cotisations patronales largement inférieur au taux français car il représente environ 20% du salaire brut du salarié allemand contre 40% à 45% voire plus dans certains secteurs en France. Ceci représente également un montant moindre que la moyenne des Etats membres de l’Union Européenne. Les pourcentages détaillés actuels des cotisations de l’employeur et du salarié sont présentés dans un tableau général à la fin de notre article.

Malgré un taux de cotisations patronales faibles, l’Allemagne dépense toujours plus d’argent pour les prestations sociales que la moyenne des Etats membres de l’Union Européenne par rapport à son PIB. Ceci est en outre lié aux coûts de la réunification de l’Allemagne.

Les coûts sont financés à 60% par les cotisations patronales et salariales et à 40% par les impôts.
Actuellement dans le contexte du système social, on parle souvent du défi démographique auquel fait face l’Allemagne. La tendance montre un nombre croissant de bénéficiaires des prestations de retraite contre un nombre décroissant des jeunes actifs qui cotisent. A cela s’ajoute le fait qu’une partie importante des salariés actuellement actifs ont des salaires plus faibles qu’avaient ceux qui sont à la retraite : c´est la problématique de ce que l’on appelle le secteur des salaires bas (Niedriglohnsektor).

Qu’entendons-nous ici par droit social allemand ?

Lorsqu’on parle de « droit social allemand », cela n’englobe pas seulement les règles du système de protection sociale, qui sont majoritairement codifiées dans le Code social (Sozialgesetzbuch), mais aussi le droit de la protection générale des plus faibles, comme par exemple la protection des consommateurs, la protection sociale des locataires ou la loi sur la protection en cas de licenciement (Kündigungsschutzgesetz).

Dans notre article, nous porteront notre attention sur le droit social au sens de la Sécurité Sociale et proposons un panorama général des principales branches de l’assurance sociale des salariés affiliés au système social allemand, composé des branches maladie, retraite, dépendance, chômage et prestations familiales.

L’assurance maladie (Krankenversicherung) pour les salariés et le choix entre l’assurance légale et l’assurance privée

Assurance maladie privée en AllemagneL’Allemagne a été le premier pays au monde à avoir mis en place un système social d’assurance maladie. Il date de 1883. L’assurance maladie prend en charge entièrement ou partiellement les dépenses de santé de l’assuré en cas de maladie, maternité ou accident.

Il existe actuellement une obligation générale de s’assurer qui concerne tous les salariés. Les salariés ont le choix de s’affilier sous conditions :

  • soit à l’assurance maladie publique ou appelée « légale » (gesetzliche Krankenversicherung ; en abrégé : GKV),
  • soit à l’assurance maladie privée (private Krankenversicherung ; en abrégé : PKV).

Une fois affilié à l’assurance maladie privée, le salarié n’a plus la possibilité de choisir l’assurance maladie légale par la suite. Il est donc particulièrement important de bien réfléchir aux conséquences à long terme d’un tel choix. Les Allemands recourent d’ailleurs volontiers aux services de spécialistes ou de comparateurs d’assurances avant de prendre leur décision. Ce double système d’assurance maladie est l’une des grandes spécificités du système d’assurance maladie allemand.

L’assurance maladie légale pour les salariés

L’assurance maladie légale est basée sur le principe de solidarité. La cotisation du salarié à l’assurance maladie légale est déterminée en fonction du montant du salaire et va donc varier entre deux assurés pour une même prestation d’assurance. Le niveau de prise en charge par l’assurance légale est fixé par le législateur dans le Code social allemand, d’où le nom donné à cette assurance. L’assurance légale doit accepter toute personne demandant l’affiliation, mais il y a des restrictions relatives au choix de la caisse maladie légale.

Contrairement au cas de la France, il n’existe pas de caisse nationale centrale avec ses délégations locales d’assurance maladie pour les salariés en Allemagne. En 2016, on compte 118 caisses d’assurance maladie légales en Allemagne. Le salarié peut choisir librement l’une des caisses maladie légales qui sont ouvertes à tous dans l’Etat fédéré où se trouve son domicile ou son poste de travail. Ce sont les Allgemeine Ortskrankenkassen (AOK), les Betriebskrankenkassen (BKK) et les Innungskrankenkassen (IKK).

Les médecins et hôpitaux sont remboursés directement par la caisse maladie légale. Cependant, selon les dispositions légales sur la prise en charge au cas par cas, une partie ou la totalité des frais du traitement ou du prix d´un médicament doit, le cas échéant, être payée directement par l’assuré. Les membres de la famille de l’assuré social peuvent sous conditions être co-assurés. Un salarié affilié à l’assurance maladie légale peut compléter sa protection en contractant une assurance maladie privée supplémentaire, comparable à la mutuelle française.

L’assurance maladie privée pour les salariés

Les assurés sont eux-mêmes dénommés par les médecins les « patients privés » (Privatpatienten). Dans certains établissements et chez certains médecins, seuls ces assurés sont acceptés. Pour le médecin, le traitement d’une personne affiliée à l’assurance maladie privée peut s’avérer plus lucratif du fait que le médecin facture ses honoraires et frais réels alors que s’agissant d’une personne affiliée à l’assurance maladie légale, le médecin ne reçoit que le montant forfaitaire prévu pour un tel traitement. Les membres de l’assurance privée bénéficient en général d’un traitement privilégié.

Le cadre légal du système de l’assurance privée est fixé par la loi sur les contrats d’assurance (Versicherungsvertragsgesetz ; en abrégé : VVG) et la loi sur la surveillance des assurances (Versicherungsaufsichtsgesetz ; en abrégé : VAG).

L’assurance maladie privée est basée sur le principe d’équivalence. L’affilié choisit ses prestations dans son contrat d’assurance maladie en fonction de la formule (Tarif) de prestations choisies. Sa cotisation (Beitrag) varie selon la formule. L’affiliation se fait après un examen de santé, basé sur un questionnaire. L’assurance maladie privée allemande peut en générale refuser de contracter avec un demandeur présentant des risques au niveau de sa santé.

Les affiliés doivent régler eux-mêmes les factures pour les soins médicaux et se font rembourser ensuite par la caisse maladie privée selon les conditions de leur formule (Tarif). Les membres de la famille de l’assuré ne peuvent pas être co-assurés.

Selon le montant du salaire, le salarié est obligé de s’affilier à l’assurance maladie légale. L’affiliation à l’assurance maladie privée est réservée aux salariés dont la rémunération dépasse un certain montant (plus de 54 000 € en 2016).

La cotisation à l’assurance maladie légale

Taux de cotisations maladie en AllemagneLa cotisation à l’assurance maladie légale figure au deuxième rang parmi les cotisations de l’employeur et du salarié à la sécurité sociale. Le taux général de cotisation à l’assurance maladie est de 7,3% du salaire brut pour l’employeur d’un côté et pour le salarié de l’autre côté. Ce taux global de 14,6% s’applique à presque tous les salariés dès lors qu’ils ont le droit au maintien du paiement du salaire pendant la période de maladie durant au moins 6 semaines. Le taux réduit de 7% est par exemple applicable aux travailleurs indépendants sans droit aux indemnités journalières en cas de maladie.

Au taux de 7,3% du salarié s’ajoute cependant une cotisation supplémentaire fixée par la caisse maladie du salarié, qui est à la charge exclusive du salarié. La possibilité pour les caisses maladies de demander aux affiliés une cotisation supplémentaire (Zusatzbeitrag) a été introduite dans le Code social allemand vol. V (SGB V) au 1er janvier 2015. Elle permet de financer, le cas échéant, des différences entre le montant qu’une caisse maladie reçoit du fonds de santé et ses dépenses réelles. La cotisation supplémentaire est relative au salaire et non plafonnée. L’introduction et l’augmentation du taux de la cotisation supplémentaire doit être autorisée par l’administration.

Les salariés doivent obligatoirement être affiliés à l’assurance maladie légale (gesetzliche Krankenversicherung), si leur rémunération est supérieure à 450 € par mois (d’où le concept du « Minijob » non soumis à cotisations sociales) et inférieure à 54 000 € par année calendaire pour 2016. Les salariés dont le salaire est supérieur à cette limite appelée Versicherungspflichtgrenze ont le droit de s’affilier à une caisse maladie privée. En principe, ces derniers sont des affiliés volontaires à l’assurance maladie légale, sauf en cas de changement de choix par eux.

Pour les salariés affiliés à une assurance maladie privée, qui ne doivent pas contribuer à l’assurance maladie légale, c’est l’employeur qui cotise. La cotisation de l’employeur représente la moitié du montant global que le salarié paye à l’assurance privée, dans la limite du maximum de la cotisation à l’assurance maladie légale.

Concernant l’assurance maladie légale, la cotisation de l’employeur et du salarié sont limitées. Le calcul sera fait à l’aide d’une limite maximum de 4 237,50 € en 2016. La partie de la rémunération dépassant ce plafond n’est plus pris en considération dans le calcul du montant de la cotisation. Cette année, la cotisation maximale s’élève par conséquent à la somme de 309,38 € pour le taux général de 7,3% ou bien de 296,63 € pour les personnes auxquelles s’applique le taux réduit de 7 %.

Entre 2000 et 2016, le nombre de caisses maladie légales allemandes a été réduit de 400 à 118 caisses. Désormais, la plupart des caisses privées demandent le paiement de la cotisation supplémentaire (Metzinger). Concernant les autres caisses maladies, le taux de la cotisation supplémentaire varie entre 0,59% (hkk) et 1,7% (Viactiv) qui s’ajoute au taux de 7,3% à la charge du salarié. Les prestations prévues par la loi sont les mêmes pour toutes les caisses maladies, mais les caisses maladies se distinguent par la palette de prestations proposée. Il convient donc de comparer avant de s’affilier à une caisse maladie. Lorsqu’on est déjà affilié à une caisse maladie et qu’elle augmente la cotisation supplémentaire, l’affilié a un droit de résiliation exceptionnel. De plus, lorsque la caisse maladie dépasse la moyenne de la cotisation supplémentaire de toutes les caisses maladie, elle est obligée d’informer ses affiliés de la possibilité de changer de caisse pour une caisse maladie moins coûteuse.

L’assurance dépendance allemande (Pflegeversicherung) pour les salariés

Assurance dépendance obligatoire en AllemagneL’assurance dépendance assure contre le risque de dépendance. Elle a été introduite en 1995. Comme pour l’assurance maladie, il existe un double système. Il y a l’assurance dépendance dite « légale » et l’assurance dépendance privée. Selon le principe « l’assurance dépendance suit l’assurance maladie », les salariés affiliés à l’assurance maladie légale sont affiliés à l’assurance dépendance légale, tandis que les salariés affiliés à une assurance maladie privée doivent également s’assurer contre le risque de dépendance auprès de leur assureur privé et non pas auprès de l’assurance dépendance légale.

Les prestations de l’assurance dépendance légale prévues par le Code social allemand dépendent du degré de la dépendance. Le degré de dépendance est fixé par le service médical des assurances maladies (Medizinischer Dienst der Krankenkassen ; en abrégé : MDK) qui examine l’état de santé de la personne concernée et évalue ses besoins. Les prestations peuvent consister par exemple en un financement de l’aménagement pour l’adaptation du domicile à un handicap physique ou prendre la forme d’un paiement d’une certaine somme à une personne assurant des soins (Pflegegeld).

Les assurances dépendances privées sont obligées de garantir à leurs affiliés des prestations équivalentes à celles prévues par la loi pour les affiliés à l’assurance dépendance légale.

Cotisation à l’assurance dépendance légale pour les salariés

L’employeur et le salarié affilié à l’assurance dépendance légale sont tenus de payer une cotisation pour l’assurance dépendance en fonction du montant de salaire. Le taux à payer en 2016 est de 1,17% du salaire brut pour l’employeur et également de 1,17% pour le salarié. Au taux à la charge du salarié s’ajoute un supplément de 0,25%, dès lors que le salarié affilié est âgé de 23 ans ou plus et n’a pas d’enfants. Dans le Land de la Saxe, un partage différent est effectué, mettant 0,675% à la charge de l’employeur et 1,675% à la charge du salarié.

Le plafond pour la cotisation à l’assurance dépendance est le même que celui pour l’assurance maladie, soit 4 237,50 € par mois en 2016. La cotisation maximale à l’assurance dépendance est donc actuellement de 49,79 € pour l’employeur et pour le salarié pour tous les lands sauf pour la Saxe où au maximum 28,60 € sont à la charge de l’employeur et 70,98 € à la charge du salarié.

Cotisation à l’assurance dépendance privée pour les salariés

Le montant de la cotisation du salarié est lié à l’âge du salarié affilié. Lorsque le salarié est affilié à une assurance dépendance privée, l’employeur participe à 50% aux cotisations dans la limite du montant maximal dû dans le cadre de l’assurance dépendance légale.

L’assurance retraite (gesetzliche Rentenversicherung) pour les salariés

Le système d'assurance retraite allemandLe système de retraite allemand sert principalement à la prévoyance vieillesse des salariés. Les affiliés et leurs ayant-droits ont droit à une rente (Rentenanspruch) lorsque le critère de la période d’assurance minimale (Mindestversicherungszeit) et les conditions personnelles et spécifiques sont remplies. A côté de la rente de vieillesse, il existe des rentes pour le cas de capacité de travail réduite et pour les ayant-droits en cas de décès ainsi que des prestations pour la réhabilitation.

Les retraites versées aux salariés retraités en Allemagne sont financées directement par les cotisations des salariés actifs. Ce système paraît actuellement être en péril pour l’avenir à cause du changement démographique (en Allemagne le taux de fécondité est d’environ 1,4 par rapport à un taux de plus de 2 en France), qui opposera un nombre croissant de retraités à un nombre décroissant de salariés actifs. Une autre cause de l’instabilité du système est le fait qu’une partie importante des salaires d’aujourd’hui sont des salaires très faibles. Le financement par les cotisations est donc complété par les impôts.

Le montant de la rente dépend surtout de la durée et du montant des cotisations pour la retraite versées pendant la vie professionnelle active.

Cependant, une exception a été faite lors de la réunification de l’Allemagne, puisqu’on a admis que les salariés dans les nouveaux lands de l’Est avaient droit au paiement des rentes par le système de l’Ouest, alors qu’à ces droits ne correspondaient pas de cotisations équivalentes.

Celui qui part à la retraite à l’âge légal (Regelaltersgrenze) obtient une pension de retraite au taux plein. Un départ en retraite anticipé conduit à une réduction de la pension. Généralement, la réduction est de 0,3% par mois. Donc, par exemple, s‘applique une réduction de 3,6% lorsque le salarié part en retraite une année en avance. A titre d’exception, aucune réduction ne s’applique lors d’un départ en retraite à l’âge de 63 ans, si le salarié a contribué pendant 45 ans à l’assurance retraite.

Pour les salariés en Allemagne, l’âge légal de départ à la retraite pour les salariés en Allemagne est de 67 ans. Pour les salariés nés jusqu’au 31 décembre 1946 inclus, l’âge de départ à la retraite est de 65 ans. Pour les générations nées entre 1947 et 1963, l’âge de départ à la retraite augmente progressivement comme suit :

Année de naissanceL’âge de retraiteDate du départ en retraite
1819-185170 ans
1851-194665 ans
194765 ans + 1 mois02/2012 – 01/2013
194865 ans + 2 mois03/2013 – 02/2014
194965 ans + 3 mois04/2014 – 03/2015
195065 ans + 4 mois05/2015 – 04/2016
195165 ans + 5 mois06/2016 – 05/2017
195265 ans + 6 mois07/2017 – 06/2018
195365 ans + 7 mois08/2018 – 07/2019
195465 ans + 8 mois09/2019 – 08/2020
195565 ans + 9 mois10/2020 – 09/2021
195665 ans + 10 mois11/2021 – 10/2022
195765 ans + 11 mois12/2022 – 11/2023
195866 ans01/2024 – 12/2024
195966 ans + 2 mois03/2025 – 02/2026
196066 ans + 4 mois05/2026 – 04/2027
196166 ans + 6 mois07/2027 – 06/2028
196266 ans + 8 mois09/2028 – 08/2029
196366 ans + 10 mois11/2029 – 10/2030
196467 ans01/2031 – 12/2031

La cotisation à l’assurance retraite pour les salariés

La cotisation de l’employeur à l’assurance retraite représente la cotisation patronale la plus importante parmi ses cotisations. Elle est de 9,35% du salaire brut. Le salarié cotise lui aussi à la même hauteur. Ainsi, l’employeur et le salarié payent ensemble 18,7%.

Cependant, la cotisation est limitée. Le seuil de salaire déterminant le plafond de la cotisation à l’assurance retraite est en 2016 de 6 200 € par mois dans les lands de l’Ouest et de 5 400 € dans les lands de l’ancienne République démocratique allemande dans l’Est pour l’assurance retraite générale (Allgemeine Rentenversicherung). La cotisation maximale s’élève donc actuellement à 579,70 € dans l’Ouest et à 504,90 € dans l’Est.

Concernant les Minijobs (emplois avec une rémunération jusqu’à 450 € par mois), l’employeur paye 15% et le salarié 3,7%.

Assurance chômage (Arbeitslosenversicherung)

L'assurance-chômage allemand et les prestations chômageL’objectif de l’assurance chômage allemande est le soutien des personnes sans emploi ou confrontées au risque de chômage dans le maintien ou la réintégration dans le marché du travail. Les prestations englobent des aides et des actions. Les prestations sont versées au chômeur lui-même, à son employeur (futur ou actuel) ou à des institutions comme les centres d’éducation par exemple.

Le chômeur peut par exemple bénéficier d’une aide à la formation professionnelle ou au changement de profession, d’une aide financière aux frais de déplacement ou de déménagement en cas de recherche d’un emploi éloigné du domicile et surtout de l’allocation chômage (Arbeitslosengeld ; en abrégé : ALG).

Depuis la réforme du système de retraite allemand appelée « Agenda 2010 », on distingue entre l’allocation chômage primaire, dite ALG I (Arbeitslosengeld I), et l’allocation chômage secondaire, le ALG II (Arbeitslosengeld II), connue également sous l´appellation « Hartz IV » selon le nom du ministre chargé de sa mise en place. Tandis que le montant du ALG I est calculé sur la base du montant de salaire perçu avant la perte d’emploi, le ALG II n’est qu’un montant très modéré assurant le minimum existentiel. La prestation de chômage ALG I est limitée généralement à une année à compter du début du chômage. Un salarié âgé peut le recevoir exceptionnellement jusqu’à deux années. Le ALG II n’est pas limité dans le temps.

Pour bénéficier du ALG I il faut que les trois conditions suivantes soient remplies :

  • Le demandeur doit être au chômage,
  • Il doit être inscrit auprès de du Pôle Emploi allemand (Agentur für Arbeit)
  • Il a cotisé un certain temps à l’assurance chômage pendant une certaine période (Anwartschaftszeit).

Précisément, il faut que le chômeur ait été soumis à l’obligation de cotiser à l’assurance retraite pendant au moins 12 mois à l’intérieur d’une période de référence de deux ans précédant la date de la perte d’emploi.

Le montant du ALG I est relatif au salaire précédent. Le taux général est de 60% de la base de calcul qui est déterminée en fonction du salaire précédent.

Après une période d’obligation de cotisation d’au moins … moisLa période maximale de perception du ALG I en mois
126
168
2010
2412

Après la période maximale pendant laquelle le chômeur a droit à l’allocation ALG I, lorsque le chômeur n’a pas encore retrouvé d’emploi, il n’a plus droit qu’au ALG II. Le montant du ALG II correspond au niveau de minimum existentiel très modéré fixé par le législateur. Un salarié ayant perdu son emploi risque donc de tomber rapidement dans une situation financière précaire. L’assurance chômage est obligatoire pour tous les salariés dont le revenu dépasse une certaine limite.

Cotisation à l’assurance chômage pour les salariés

L’employeur et le salarié payent chacun un taux de 1,5 % du salaire brut pour l’assurance chômage. Les plafonds sont les mêmes que ceux qui s’appliquent au calcul de la cotisation à l’assurance retraite : 6 200 € dans les lands de l’Ouest et 5 400 € dans les lands de l’Est en 2016. La cotisation maximale pour l’employeur ou le salarié est donc de 93 € en 2016 à l’Ouest et de 81 € à l’Est de l’Allemagne.

Le salarié et les allocations familiales en Allemagne

Il existe en Allemagne différentes prestations de soutien aux familles. Nous allons en présenter certaines d’entre elles à titre d’exemple.

Le salarié et le « Kindergeld » et « Kinderfreibetrag »

Prestations familiales en AllemagneLa prestation liée à un enfant à charge ou Kindergeld est une prestation forfaitaire versée mensuellement aux parents pour un enfant à partir de sa naissance jusqu’à l’âge de ses 18 ans. Sous conditions, par exemple lorsque l’enfant poursuit des études, les parents y ont droit jusqu’à ses 25 ans. En 2016, le montant forfaitaire pour le premier et le deuxième enfant est de 190 € pour chaque enfant, pour le troisième enfant de 196 € et pour le quatrième enfant de 221 s. Au 1er janvier 2017, ces montants augment de 2 €.

La justification sociale du Kindergeld est le droit des salariés de diminuer leurs impôts sur le revenu d’un montant plafonné selon le nombre de leurs enfants et les dépenses p.ex. pour la garde ou l’éducation de l’enfant (montant appelé Kinderfreibetrag). En effet, le droit fiscal allemand ne reconnaît pas de quotient familial pour les enfants dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Comme ce sont uniquement les salariés avec un salaire élevé qui profitent de cette possibilité de réduction des impôts, le Kindergeld a été créé pour les salariés aux salaires moins élevés, qui payent moins d’impôts sur le revenu et pour lesquels le Kinderfreibetrag est donc sans intérêt.

Le salarié et le congé parental (Elternzeit) et l’allocation parentale (Elterngeld) en Allemagne

Lorsqu’un enfant naît, le salarié est libéré de l’obligation de travailler et reçoit une allocation compensant partiellement la perte du salaire pendant ce temps. La période de congé parental (Elternzeit) et de versement de l’allocation parentale (Elterngeld) est fixée dans la loi Bundeselterngeld- und Elternzeitgesetz (en abrégé : BEEG).

Le salarié a le droit de prendre un congé parental à partir de la date de naissance de l’enfant jusqu’à l’âge de ses 36 mois.

Durant 12 mois à partir de la date de naissance de l’enfant, le salarié en congé parental a droit au paiement de l’allocation parentale (Elterngeld). Lorsque l’autre parent décide de prendre lui aussi un congé, la période maximale de perception est de 14 mois. Le plus souvent, c’est le père allemand qui prend lui aussi 2 mois, appelés les mois du père (Vätermonate) et la mère 12 mois, mais le mode de répartition est librement choisi par les parents.

Le montant de l’allocation parentale est en principe de 67% du salaire perçu avant le congé parental. Un pourcentage plus élevé ou un pourcentage moins élevé allant jusqu’à 65% s’applique en fonction du salaire de référence (inférieur ou supérieur à 1 000 €). Le plafond de l’allocation est de 1 800 € par mois en 2016. Lorsque le parent choisit de travailler à temps réduit, son salaire est pris en considération dans le calcul du montant de l’allocation, qui sera donc diminué.

Tableau 2016 des taux de cotisations dans les différentes branches d’assurance sociale en Allemagne

Ce sont les caisses maladies légales qui jouent le rôle clé dans l’encaissement des cotisations à la sécurité sociale. Ainsi la caisse maladie légale, en principe celle à laquelle le salarié est affilié, n’encaisse pas seulement la cotisation du salarié et de l’employeur à l’assurance maladie mais également leurs cotisations à l’assurance retraite et l’assurance dépendance ainsi que la cotisation à l’assurance chômage. Si le salarié est affilé à une caisse privée, c’est une caisse légale qui prélèvera les cotisations de ce salarié.

Les cotisations salariales sont retenues par l’employeur sur le salaire brut du salarié et reversées directement à la caisse maladie.

Les taux de cotisations dans les différentes branches d’assurance sociale pour l’année 2016 sont les suivants.

BrancheEmployeurSalariéRemarques
Assurance retraite9,35 %9,35 %Les cotisations sont plafonnées. Dans les lands de l’Ouest, 6 200 € du salaire sont pris en considération pour le calcul du montant de la cotisation en 2016. Le salarié et l’employeur payent donc chacun au maximum 579,70 € par mois dans les lands de l’Ouest. Dans les anciens lands de la RDA, les lands de l’Est, le plafond est de 5 400 € et le montant à payer mensuellement au maximum de 504,90 €.
Assurance maladie légale :

taux général

7,3 %7,3 %

+ supplément (Zusatzbeitrag)

L’assiette de calcul est en 2016 : 4 237,50 € pour le salaire mensuel. Le salarié et l’employeur payent donc chacun au maximum

309,38 € par mois pour le taux général de 7,3% ou bien 296,63 € pour les personnes auxquelles s’applique le taux réduit de 7 %.

Le supplément (Zusatzbeitrag) est à la charge exclusive du salarié.

Assurance maladie légale :

taux réduit

7,0 %7,0 %

+ supplément (Zusatzbeitrag)

Assurance chômage1,5 %1,5 %Les plafonds de salaires mensuels sont les mêmes que ceux de l’assurance retraite : 6 200 € ou 5 400 € en 2016. Le salarié et l’employeur payent chacun au maximum 93 € à l’Ouest et 81 € à l’Est.
Assurance dépendance1,175 %1,175 %S’applique un supplément de 0,25 % aux salariés sans enfants à partir de l’âge de 23 ans.

Dans le land de Saxe, les taux sont de 0,675 % à la charge de l’employeur et de 1,675 % à la charge du salarié.

Le plafond de salaire en 2016 est de 4 237,50 € comme pour l’assurance maladie. La cotisation maximale à l’assurance dépendance en 2016 est donc actuellement de 49,79 € pour l’employeur et pour le salarié pour tous les lands sauf pour la Saxe où au maximum 28,60 € sont à la charge de l’employeur et 70,98 € à la charge du salarié.

Si vous avez encore des questions sur le système de la Sécurité Sociale allemand, vous pouvez solliciter nos conseils en droit social allemand.

Françoise Berton, avocat en droit allemand

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